Photo du président du jury

Entrepreneur·e d’intérêt général, 3e promotion : découvrez les 15 défis lauréats


Le 4 juillet 2018, un jury composé de membres de l’administration et de la société civile s’est réuni afin de sélectionner les défis auxquels s’attaquera en 2019 la 3e promotion des entrepreneurs d’intérêt général. A l’issue d’une journée d’auditions et de délibérations, 15 défis ont été retenus. Le jury a fait le choix de sélectionner des défis qui allient impact pour la société et les usagers, amélioration de la gouvernance des données, et construction d’outils ouverts et diffusables. A la rentrée, un appel à candidatures sera lancé afin de sélectionner les 32 entrepreneurs d’intérêt général qui relèveront ces 15 défis par équipe de 2 ou 3, à partir de janvier 2019!

20 juillet 2018 | Depuis Etalab.gouv.fr

Créé en octobre 2016, le programme « Entrepreneur·e d’Intérêt Général » (EIG) vise à accélérer la transition numérique de l’État en recrutant des innovateurs aux expertises numériques variées (développement, design, science des données, agilité) pour travailler sur des défis d’amélioration du service public proposés par les administrations. Ce dispositif fait partie du Programme d’investissements d’avenir (PIA) piloté par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI).

Un jury pour sélectionner les meilleurs défis de transformation numérique au service de l’intérêt général

Le 4 juillet 2018, les administrations candidates au programme Entrepreneur.e d’intérêt général (EIG) et présélectionnées par les équipes de la DINSIC ont été invitées à présenter leurs défis d’intérêt général devant un jury composé de personnalités du numérique et d’agents publics (voir la composition du jury). L’objectif : en 20 minutes et sous forme de « pitch », convaincre des personnalités aux profils variés (administration, recherche, entrepreneuriat, société civile) que son projet est techniquement intéressant et qu’il a le potentiel d’améliorer le quotidien de ses futurs utilisateurs.

En tant qu’acteurs reconnus de la communauté numérique d’intérêt général, les membres du jury ont pu mettre à profit leurs diverses expertises pour évaluer la capacité des porteurs de défi à accueillir des EIG dans les meilleurs conditions, adapter leur feuille de route, et surtout à faire partie d’un collectif d’innovateurs publics qui partage des méthodes, des outils et devient pionnier de l’ouverture des données et des codes sources.

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Salle d’accueil du SGPI – Les membres de l’administration attendent d’être auditionnés par le jury – 4 juillet 2018

Mathieu Nebra, membre du jury et co-fondateur d’Openclassrooms a particulièrement remarqué la qualité des défis proposés et la maturité des administrations qui témoignent « d’une vraie envie de faire des choses qui ont de l’impact, plus de transparence et d’efficacité ; on sent que les administrations sont engagées en ce sens et cela envoie un signal fort. »


Les 15 défis d’intérêt général sélectionnés

Sur les 22 défis auditionnés, 15 ont été retenus, représentant un large spectre de politiques publiques : confiance sur Internet, accès au droit, accueil des réfugiés, inclusion sociale, lutte contre la fraude, santé, justice, agriculture biologique… Le défi « EIG Link », initié dans la promotion 2, est renouvelé afin d’inclure un coaching technique et méthodologique à la promotion et de valoriser les réalisations des EIG.

  • Améliorer la confiance des consommateurs en détectant des faux avis sur Internet : la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) souhaite développer des nouvelles méthodes de text mining, d’analyse de données et de comportements pour aider les enquêteurs de sa direction à mieux détecter et qualifier des faux avis sur les plateformes de consommation en ligne.

  • Lutter contre les comportements financiers illicites en construisant des réseaux de connaissance : le ministère de l’Action et des Comptes publics souhaite consolider dans son SI des briques logicielles autour de la fouille de textes, le traitement en langage naturel et la visualisation de réseaux afin de mieux lutter contre la fraude et le blanchiment d’argent.

  • Rendre le droit du travail lisible et accessible en mobilisant l’intelligence artificielle : la Direction générale du Travail (DGT) souhaite rendre le droit du travail accessible grâce à de l’analyse sémantique, l’exploration de solutions d’IA, et le développement de services et API pour une diversité d’utilisateurs concernés par le droit du travail (agents publics, syndicats, associations, entreprises, RH, etc.).

  • Évaluer l’impact de réformes socio-fiscales en développant des interfaces de simulation utilisables par tous : la Direction interministérielle et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC) souhaite développer, notamment pour le Parlement et la société civile, une application permettant d’évaluer, de façon simple et rapide, l’impact de réformes socio-fiscales, à partir de données financières et budgétaires et de règles socio-fiscales traduites en code informatique.

  • Aider les réfugiés dans leurs démarches en créant une plateforme d’information adaptée à la diversité culturelle (Agi’R) : la Délégation interministérielle pour l’accueil et l’intégration des réfugiés (DIAIR) souhaite développer une plateforme multilingue afin de diffuser des informations pertinentes pour aider les réfugiés dans leurs démarches. L’enjeu sera de proposer une expérience utilisateur adaptée, du contenu multilingue et des services en lien avec un réseau d’acteurs (associations, administrations, collectivités) déjà engagés sur ces sujets.

  • Guider les victimes de préjudices corporels en construisant un référentiel neutre et stable des indemnisations : le ministère de la Justice souhaite analyser les données de la jurisprudence sur le traitement des indemnisations de préjudices corporels afin de mettre à disposition des victimes, des magistrats, des avocats, des assureurs et des fonds d’indemnisation un référentiel officiel permettant de mieux évaluer financièrement les préjudices.

  • Simplifier les démarches des cotisants et construire de nouveaux services à l’aide des données du réseau Urssaf : l’Agence centrale des organismes de protection sociale (ACOSS) souhaite améliorer l’expérience utilisateur des démarches du secteur de l’emploi à domicile en développant des APIs autour des données liées aux salariés, employeurs, et autres organismes intervenants dans les prélèvements sociaux.

  • Améliorer la prise en charge des malades chroniques avec une nouvelle base de données de santé (Open Chronic) : la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du Ministère des Solidarités et de la Santé souhaite construire une base de données des parcours de soin des malades chroniques. L’objectif : faciliter, pour les agences et établissements de santé, le développement d’une variété d’outils, notamment pour mieux comprendre les variabilités de prise en charge des malades et mieux coordonner les différents professionnels de santé (ville/hôpital).

  • Soutenir la filière biologique en cartographiant les parcelles cultivées en agriculture biologique sur le territoire (CartoBIO) : l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique (Agence BIO), en lien avec le ministère de la Transition écologique et solidaire, souhaite associer les données du Registre Parcellaire Graphique et celles des opérateurs bio pour construire une cartographie des parcelles bio et développer des services (simplifier les instructions des aides, distinguer les parcelles, accompagner les politiques territoriales, etc.).

  • Fiabiliser l’envoi et la régularisation des contraventions à partir de la reconnaissance d’images (IA Flash) : le Ministère de l’Intérieur souhaite développer une intelligence artificielle permettant d’associer des photos de contrôles automatisés aux données des immatriculations des véhicules afin de réduire l’envoi d’avis de contraventions aux usagers n’ayant commis aucune infraction.

  • Aider les agents en charge de la sécurité maritime à contrôler des navires professionnels en développant un outil de ciblage (CibNAV) : la Direction des affaires maritimes, au sein du Ministère de la Transition écologique et solidaire, souhaite développer un outil de priorisation des contrôles des navires professionnels à partir de données métiers afin d’améliorer le respect des réglementations (sécurité des navires, équipages, conditions d’emploi).

  • Ouvrir la jurisprudence en développant des solutions de pseudonymisation fiables des données : la Cour de cassation, en lien avec le ministère de la Justice, souhaite développer et acquérir des techniques de reconnaissance et d’apprentissage automatiques de données à pseudonymiser afin de rendre accessibles et réutilisables les décisions de justice. Les résultats de ces travaux pourront largement bénéficier à d’autres types de données et transformer la manière d’écrire, de consolider et de diffuser la jurisprudence.

  • Transformer les méthodes d’une autorité de régulation en mettant la circulation de la donnée au cœur de ses missions : l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) souhaite faire passer à l’échelle des outils et des méthodes de régulation par la donnée (outil cartographique de suivi, tableaux de bords, API) afin de développer une régulation moderne, en lien avec ses utilisateurs (collectivités locales, services de l’Etat, consommateurs, entreprises régulées, etc.).

  • Transformer les métiers des juridictions financières en développant des outils de rédaction collaborative et d’exploration de données (Plume) : la Cour des comptes souhaite développer un outil de rédaction collaborative de ses écrits et réaliser des analyses de données sur les textes utilisés et collectés par les juridictions financières. L’objectif sous-jacent : concevoir et présenter des rapports autrement, apporter un nouvel éclairage sur les contrôles à lancer en priorité, et consolider une doctrine de la Cour sur l’ensemble des politiques publiques qu’elle contrôle et évalue depuis sa création.

  • Accompagner le développement d’un collectif numérique d’intérêt général au sein de l’Etat (EIG Link) : au sein de la mission Etalab, 2 EIG rejoindront l’équipe en charge du programme EIG pour accompagner la troisième promotion des entrepreneurs et des mentors durant 10 mois. Plusieurs objectifs : consolider le collectif EIG3, apporter un soutien technique et méthodologique aux défis, valoriser et ouvrir les réalisations des équipes, et infuser également une dynamique entrepreneuriale au sein de la DINSIC.

A la rentrée, vous aurez accès à des descriptifs plus complets de chacun des défis ainsi que des compétences recherchées. En attendant, vous pouvez consulter le site EIG et le compte Github.
Plusieurs tendances et nouveautés se dégagent de cette sélection :

  • les défis couvrent une variété de sujets de transformation numérique de l’État : confiance sur Internet, régulation par la donnée, ouverture des données respectueuse de la vie privée, transformation des métiers, amélioration des services pour les utilisateurs.

  • la diversité des administrations lauréates (10 ministères, 2 agences, 3 autorités et/ou juridictions indépendantes) préfigure une promotion qui va aborder de nombreuses politiques publiques : accès au droit, évaluation des politiques publiques, inclusion sociale, lutte contre les comportements illicites, sécurité, agriculture, santé, justice.

  • la complémentarité entre certains défis est l’opportunité de développer des synergies très fortes au sein de la promotion, via des briques d’outils communes et une connaissance enrichie sur des métiers, des types d’utilisateurs, etc.

  • la technicité de certains défis, notamment ceux mobilisant des techniques de datascience et d’intelligence artificielle a interpellé positivement les membres du jury. Le jury a d’ailleurs recommandé d’accompagner les défis sur les plans juridique et éthique, en constituant par exemple un réseau de chercheurs et de membres de la société civile.

Toutes les administrations, qu’elles fassent partie du programme EIG ou pas, vont bénéficier des défis sélectionnés. Les solutions techniques qui seront développées pourront être réutilisées et intégrées dans des briques technologiques à vocation interministérielle.

Laure Lucchesi, directrice d’Etalab et membre du jury

EIG3_jury_projets.jpg Délibérations du jury – SGPI – 4 juillet 2018

Emmanuelle Larroque, CEO de Social Builder et membre du jury résume les défis : « Faire partie du jury EIG est une chance et un défi : la chance d’accélérer des projets puissants au service de toutes et tous, le défi de choisir entre des thématiques plus nécessaires les unes que les autres. Pour cette édition, nous avons souhaité accompagner des sujets aussi sensibles que le contrôle des navires professionnels, la cartographie de l’agriculture biologique, l’indemnisation des préjudices corporels, l’aide aux réfugiés ou encore la lutte contre les comportements financiers illicites. Prochaine étape : identifier des personnes ressources pour accompagner la concrétisation des défis. »

Et après ? Ouverture d’un appel à candidatures à la rentrée

Afin de relever ces défis, l’équipe EIG prépare d’ores et déjà la suite :

  • Préparation, conjointement avec les administrations lauréates (désormais mentors !), des fiches de postes des futurs entrepreneurs d’intérêt général et cadrage méthodologique des défis ;

  • Lancement d’un appel à candidatures mi-septembre : en vue de sélectionner les équipes qui relèveront les défis. Au total, 32 entrepreneurs d’intérêt général se répartissant selon les compétences suivantes : développement (11 EIG), datascience (14 EIG) et design (7 EIG);

  • Réunion du jury EIG3 et des mentors opérationnels pour auditionner les candidats au cours du mois de novembre;

  • Conventionnement des ministères avec la Caisse des dépôts et consignations en vue du versement PIA finançant le recrutement des EIG (70% maximum apporté par le PIA);

  • Intégration des 32 EIG dans leurs administrations d’accueil en janvier 2019.

Informations et contact :