IA dans l’État : des expérimentations aux usages
Publié le mercredi 28 octobre 2026 | DINUM
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Après une première phase consacrée à l’expérimentation, les administrations entrent dans une nouvelle étape : celle du passage à l’échelle. Dans les ministères et les services de l’État, l’intelligence artificielle est désormais testée sur des cas d’usage concrets, avec un objectif : améliorer les métiers des agents et la qualité du service public.
L’intelligence artificielle n’est plus seulement un sujet d’expérimentation dans les administrations. En 2026, plusieurs ministères structurent leurs dispositifs pour passer de premiers prototypes à des usages plus opérationnels.
Aux ministères économiques et financiers, une Direction de l’intelligence artificielle et du numérique (DIAN) a ainsi été créée en juin 2026. Elle succède au Service du numérique et élargit son périmètre afin de piloter conjointement la stratégie numérique et IA des ministères. Une (Ouvre une nouvelle fenêtre) nouvelle feuille de route consacrée à l’intelligence artificielle pour 2026-2027, publiée par l'Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’intelligence artificielle (INESIA), accompagne cette évolution.
Mais au-delà des organisations et des stratégies, c’est surtout dans les métiers que cette transformation se concrétise.
Des cas d’usage qui se multiplient dans les administrations
Recherche d’information, analyse de documents, synthèse, rédaction, transformation de contenus ou encore aide à la décision : les premiers cas d’usage de l’IA dans l’État couvrent désormais des métiers et des administrations très différents.
Le catalogue des cas d’usage de l’IA dans l’État permet de rendre compte de cette diversité et de suivre les projets développés ou expérimentés par les administrations.
À la Justice, l’IA au service des professionnels
Le ministère de la Justice fait partie des administrations qui expérimentent activement ces nouveaux usages.
En mai 2026, 10 000 agents testeurs expérimentent Mon Assistant Justice, autour de quatre grandes familles de cas d’usage : rédaction et génération, transformation textuelle, analyse et synthèse, idéation et créativité.
Le ministère développe également deux start-up d’État dédiées à des besoins métiers spécifiques.
- Mon Assistant civil propose aux magistrats une interface utilisant l’IA pour analyser les conclusions des parties et pré-rédiger l’exposé du litige.
- Mon Assistant pénal permet quant à lui d’analyser une procédure afin de faciliter la préparation d’une audience.
Ces projets illustrent une approche centrée sur les besoins des professionnels : l’IA intervient sur certaines tâches préparatoires ou chronophages, tandis que les agents conservent la maîtrise de leur travail et des décisions prises.
Cette dynamique a également été mise en avant lors de Choose Vendôme, organisé en juin 2026 pour réunir acteurs publics, juridictions et entreprises spécialisées autour des usages de l’intelligence artificielle dans la Justice.
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Dans les ressources humaines, une IA pour faciliter l’accès à l’information
L’IA peut également répondre à des problématiques plus quotidiennes de l’administration.
La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) expérimente ainsi un (Ouvre une nouvelle fenêtre) Assistant RH destiné aux gestionnaires des secrétariats généraux communs départementaux (SGCD). À partir d’un corpus réglementaire à jour, cet outil doit leur permettre d’obtenir rapidement une première analyse documentaire en réponse aux questions RH.
L’objectif : faciliter le travail des gestionnaires, améliorer le service rendu aux agents de l’administration territoriale de l’État et renforcer le rôle des SGCD comme interlocuteurs de référence, quel que soit le ministère de rattachement de l’agent, tout en limitant les sollicitations des administrations centrales.
Ce cas d’usage illustre un apport concret de l’IA : réduire le temps consacré à la recherche d’information pour permettre aux agents de se concentrer davantage sur l’analyse et l’accompagnement.
À la DINUM, développement des assistants IA pour les agents publics
La Direction interministérielle du numérique (DINUM) expérimente elle aussi des assistants d’intelligence artificielle destinés aux agents publics, avec notamment Notre IA et les travaux autour de L’Assistant.
L’objectif est de proposer aux agents des outils adaptés à leurs besoins, dans un environnement maîtrisé par l’administration.
Ces expérimentations ont permis également de mieux comprendre les conditions nécessaires au déploiement de l’IA dans les services publics : choix des modèles, sécurité, protection des données, accompagnement des utilisateurs et définition de règles d’usage.
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Découvrir l'Assistant IA
Aux ministères économiques et financiers, structurer le passage à l’échelle
La création de la Direction de l’intelligence artificielle et du numérique (DIAN) marque une nouvelle étape pour les ministères économiques et financiers.
Son rôle est notamment de coordonner les politiques numériques et d’intelligence artificielle et d’accompagner leur mise en œuvre dans les différentes directions.
Cette organisation traduit une évolution importante : l’IA n’est plus considérée uniquement comme une technologie à tester, mais comme un sujet qui doit désormais être intégré aux stratégies numériques, aux métiers et aux transformations des administrations.
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Découvrir les cas d'usage de l'IA dans l'administration
De l’expérimentation à la preuve
La multiplication des projets pose une question essentielle : qu’est-ce qui fonctionne réellement ?
Tous les cas d’usage ne présentent pas le même intérêt, et une expérimentation réussie ne conduit pas nécessairement à un déploiement à grande échelle.
Pour les administrations, l’enjeu consiste donc désormais à mesurer les résultats : temps gagné, qualité des productions, satisfaction des agents, amélioration du service rendu ou encore capacité à traiter certaines tâches autrement.
Cette démarche permet de distinguer les effets réels des effets attendus et d’identifier les usages qui méritent d’être poursuivis ou généralisés.
L’expérimentation devient ainsi un moyen d’apprendre : tester un outil, recueillir les retours des agents, mesurer ses performances, identifier ses limites et adapter les modalités de déploiement.
Une IA maîtrisée et responsable
Le développement de ces nouveaux usages pose également des questions essentielles : protection des données, sécurité, transparence, maîtrise des outils, fiabilité des résultats et maintien d’une responsabilité humaine.
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a ainsi publié, le 20 juillet 2026, avec le Conseil de l’IA et du Numérique, (Ouvre une nouvelle fenêtre) une note exploratoire consacrée à l’IA agentique et aux données personnelles. Ces systèmes, capables d’enchaîner plusieurs actions pour atteindre un objectif, ouvrent de nouvelles perspectives mais soulèvent également de nouveaux enjeux en matière de protection des données et de contrôle des actions réalisées par l’IA.
Un changement de méthode pour le numérique de l’État
Ces différents projets montrent que la transformation par l’IA ne repose pas sur un outil unique ni sur une approche uniforme.
Elle se construit progressivement, à partir de besoins métiers identifiés dans les administrations, avec les agents qui utilisent ces outils et avec une attention particulière portée à leur sécurité et à leur impact.
En 2026, l’enjeu n’est plus seulement de savoir ce que l’intelligence artificielle pourrait apporter à l’administration. Il est désormais de mesurer, cas d’usage par cas d’usage, ce qu’elle apporte réellement aux agents et aux usagers.
L’État entre ainsi dans une nouvelle phase : celle du passage de l’expérimentation à l’usage, avec une question centrale pour chaque projet : qu’est-ce qui fonctionne réellement ?