L’État accélère sa transition vers le cloud et se tourne résolument vers des offres européennes souveraines
Publié le lundi 17 mai 2021 | DINUM
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Depuis 2021, la doctrine « Cloud au centre » rend obligatoire le recours au cloud pour tout nouveau projet numérique au sein de l'État. Les bénéfices technologiques offerts par le cloud permettent en effet d'accélérer la transformation des administrations, de limiter la dette technique et d'améliorer l'efficacité des services publics.
À l'occasion de la journée « L'État dans le nuage » organisée le 24 mars 2026 à Paris, avec le soutien de David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, et d'Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, la direction interministérielle du numérique (DINUM) publie le bilan annuel de la doctrine « Cloud au centre » de l'année 2025. Avec 84 millions d'euros de commandes sur Nuage Public dont 70% vers des fournisseurs européens, ce bilan confirme l'accélération de l'adoption du cloud au sein de l’État.
Une adoption en forte progression, portée par un nombre croissant de projets
En 2025, 84 millions d'euros de commandes ont été passés sur le marché cloud interministériel « Nuage public », en hausse de 62% par rapport à 2024. Cette progression annuelle s'explique par une augmentation de 42% du nombre de projets actifs, avec 847 projets distincts ayant passé commande, soit en moyenne 2 nouveaux projets par jour.
L'État héberge ainsi désormais dans des clouds français des applications critiques telles que le SI SAMU, le Géoportail de l'IGN ou les démarches d'inscription sur les listes électorales. En février, le Gouvernement a également annoncé la migration de la Plateforme des données de santé vers un cloud de confiance d'ici 2027.
Cette croissance est également portée par une hausse de 27% de structures publiques recourant au cloud, dont de nombreuses collectivités territoriales et opérateurs.
99 % des projets de l’État orientés vers des fournisseurs européens
En 2025, les fournisseurs européens ont représenté 70 % de la commande publique sur le marché interministériel du « Nuage Public », et 99 % sur le seul périmètre de l’État. Sur ce périmètre État, la commande est répartie à parts sensiblement égales entre offres très sécurisées (qualification SecNumCloud de l'ANSSI) et offres classique de cloud public européen. Sur le marché au global, les offres SecNumCloud voient quant à elles leur volume augmenter de 20% en nombre de commandes et 10% en montant.
Un élargissement significatif de l'offre cloud de confiance
Fin 2025, l’offre PREMI3NS de la société S3NS, à 95% détenue par Thalès et à 5% par Google, et opérant la technologie Google Cloud Platform, obtient la qualification SecNumCloud, contribuant ainsi à élargir le périmètre fonctionnel du cloud de confiance. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large, de nouvelles offres étant aujourd’hui engagées dans des démarches de qualification, parmi celles de Bleu, Scaleway, OVHcloud, et NumSpot. Ces avancées permettront de bénéficier de la performance des services d'un hyperscaler dans un environnement de confiance, et permettra à davantage de logiciels en SaaS de bénéficier d'un hébergement cloud de confiance, à l'image d'Oodrive, Whaller et Pronote, ou encore Wimi.
Parallèlement, le marché cloud interministériel « Nuage public » évolue pour permettre aux administrations de souscrire à des offres d'intelligence artificielle souveraine, comme les modèles de Mistral AI déployés sur l'infrastructure SecNumCloud d'Outscale.
Une nouvelle étape pour la stratégie cloud
Pour gagner en cohérence et en efficacité, l'État engage une nouvelle phase de sa stratégie cloud, dont les principes seront une plus grande mutualisation des stratégies ministérielles d'hébergement, la migration des grands systèmes d'information historiques et sensibles vers le cloud de confiance, et le déploiement souverain de l'intelligence artificielle.
Le cloud n’est pas un simple sujet technique : c’est un enjeu stratégique, tant pour la transformation de l’État, notamment à l’heure de l’intelligence artificielle, que pour notre souveraineté numérique. Ce bilan de la doctrine "cloud au centre" traduit une chose essentielle : la confiance est désormais installée. Nous avons structuré une filière, fixé des règles claires, notamment à travers le référentiel SecNumCloud, et entraîné l’ensemble des acteurs dans cette dynamique. C’est une réussite industrielle et stratégique française qu'il faut maintenir et amplifier.
- ministre de l'Action et des Comptes publics.
À propos de la DINUM
La direction interministérielle du numérique (DINUM) pilote la transformation numérique de l'État, coordonne la politique cloud de l'administration française et assure la tutelle du marché interministériel du nuage public. Elle est notamment responsable de la doctrine « Cloud au centre », adoptée en 2021, qui impose à chaque nouveau projet ou évolution significative de système d'information de l'Etat de recourir prioritairement au cloud.